Anywhere, Out Of The World

Réservoir de réflexions personnelles et autres délires particuliers

lundi 25 septembre 2006

Le fatalisme sur Internet

C'est assez terrible de se savoir condamné et de ne rien pouvoir faire pour l'empêcher. Une situation presque digne des meilleures tragédies, quoi. Normalement, dans la vie courrante, cela n'arrive pas ; ou alors parfaitement volontairement et sciemment ; ou alors avec des possibilités pour prévenir la condamnation. Soit.

Eh bien, encore une fois, l'informatique en général et Internet en particulier change la donne. Vous êtes là, tranquillement, connecté sur un chat par exemple, à parler joyeusement de tout et de rien. Vous ne présupposez rien du tout au terrible destin qui va soudain s'abattre de vous. Un opérateur vicieux, diabolique, sadique, cruel, mauvais, habité par un spectre, un être abject et infâme en somme, décide soudainement de vous expulser de ce chat, pour une raison lambda qu'il est le seul à connaître et à trouver légitime. Il s'amuse de vous voir en victime innocente, impuissante, qui n'aura même pas le temps de comprendre ce qui lui arrive avant qu'elle soit bannie. Il s'apprête à formuler la sentance terrible qui signera votre fin, quand, innopinément, discrète comme une souris, une faute de frappe se glisse dans le langage sybillin qu'il doit utiliser pour se faire comprendre de l'instance suprême qui décide de la vie et de la mort sur le chat, id est le serveur irc lui-même. Une ridicule petite faute de frappe ! Un iota qui disparait, un k qui surgit de nulle part on ne sait comment, un p qui décide de se retourner en q, juste un tout petit rien ! Mais c'en est assez : le serveur, assez autiste, ne comprend plus rien à l'instruction compliquée et maléfique, et ce message bizarre s'affiche au milieu de la conversation, visible pour tout le monde, comme si l'opérateur méchant qui en est l'auteur n'avait pour idée que de demander s'il faisait beau. Le message terrible ! La cible, c'est à dire vous, dans votre petit chez-vous rassurant, vous voyez la condamnation mortelle s'afficher sur l'écran, avec la faute de frappe, mais tout en gardant l'essentiel du sens que l'autisme du serveur n'a pas réussi à déchiffrer : ce méchant petit opérateur qui possède tous les pouvoirs, là-bas, et qui vous regarde avec un air goguenard, ce vil monstre veut vous expulser ! Et que pouvez-vous y faire ? Rien ! Rien du tout, il ne lui prendra que quelques secondes pour retaper sa formule, correcte cette fois, et vous ne pouvez qu'attendre qu'elle arrive, même un regard de chien battu ne séduirait pas son coeur, à supposer que vous ayez le temps de le faire pendant la poignée de secondes qu'il vous reste... C'est tragique !

Il s'écoule presque une éternité entre ces deux lignes, celle avec la faute et celle sans la faute, où vous sentez vos doigts frétiller sur le clavier, où vous voulez dire quelque chose pour vous en sortir, mais rien ne sort, rien ne marcherait, rien ne serait utile, l'acte est déjà joué, la sentance déjà prononcée, le boureau en marche et votre imagination en berne. Vos doigts frétillants attendent la mort venir avec l'impuissance d'une arraignée coincée sous une savate. Et la ligne ultime, définitive, scelle votre destin et vous envoie vivre mille années de souffrances, sans scrupules pour vous, ce que vous êtes, ce qui sera détruit avec votre départ.


En bref, il se passe ça :
Nerok* est le méchant opérateur trop cruel et sadique qui expulse les gens sans raison ; et Allom* - le héros de l'histoire - est l'innocent utilisateur qui est devenu bien malgré lui le souffre-douleur de l'ignoble Nerok. La faute de frappe est soulignée pour la mettre en évidence et foutre la honte au grand méchant Nerok.
[18:02:34] <Nerok> !kicckban Allom Ha ha ha ha je suis méchant, cruel, sadique, vilain, et caetera, et caetera.
[18:02:36] <Nerok> ><
[18:02:41] <Nerok> !kickban Allom Pareil qu'avant, ha ha ha ha...
[18:02:41] Vous avez été kické(e) de #poudlord* par Z(Nerok) : Pareil qu'avant, ha ha ha ha...

C'est vraiment terrible, n'est-ce pas ? Allom ne pouvait rien faire d'autre que de prier pour que le clavier de Nerok ait la bonne idée de se mettre en grève, ou qu'il explose sous ses doigts boudinés rageurs...

* Les pseudonymes et nom du salon ont été changés par souci de respect pour leurs utilisateurs réels. Hinhin.

vendredi 22 septembre 2006

Les maths "sup"

En hypotaupe, on réapprend les maths. Tout ce qu'on y connaissait avant est tellement jeté à bas qu'on a presque l'impression de découvrir une nouvelle matière. Par exemple, le produit scalaire de deux vecteurs u et v (pensez très fort aux flèches sur le u et le v, vous les verrez peut-être), avant, je pensais fort bêtement que c'était simplement défini par ||u||*||v||*cos(u,v), ou encore xx'+yy' en posant (x,y) les coordonnées de u et (x',y') celles de v. Ou que la norme d'un vecteur AB, c'était simplement la longueur du segment [AB]. Ah, qu'on est naïf au lycée ! Le prof a parfaitement raison quand il nous dit qu'il ne vaut mieux pas chercher à savoir ce qu'est qu'un produit scalaire, ou un déterminant, ou même un couple [de deux nombres], enfin toutes ces choses que l'on croit bien acquises. Pour rester sur le produit scalaire, par exemple, il apparait que c'est une forme bilinéaire symétrique positive, ou quelque chose comme ça - c'était tellement alambiqué que je n'ai pas vraiment bien retenu ou même compris. Surtout qu'un produit scalaire n'existe pas toujours dans un espace vectoriel, qu'il faut le définir et qu'il ne vaut pas forcément xx'+yy'. De la même façon, la norme du vecteur AB, c'est en fait racine(AB.AB) [lire : racine carrée de AB scalaire AB, soit la racine du produit scalaire de AB par lui-même], ce qui signifie que sans produit scalaire, les vecteurs n'ont pas de norme définie. En fait, il nous manque quelque chose d'essentiel, dans tout ça, c'est la définition précise de ce qu'est qu'un vecteur - mais je ne suis pas sur de vouloir la connaitre, tout compte fait.

Mais, au moins, en réapprenant les maths, on peut juger de toute leur beauté. Genre, quand le prof nous a montré qu'un espace vectoriel pouvait se cacher dans l'ensemble des suites (Un) telles que pour tout n, un+2=aun+1+bun, (a,b) étant deux réels, ben... ça tue quoi. Enfin, moi j'aimais bien.

jeudi 21 septembre 2006

L'art du calendrier

Dans la foule des bêtises qui entourent les blogs, lançons une nouvelle mode tout à fait inutile : le dessin sur calendrier ! Eh oui, ce cher calendrier sur la partie gauche de votre écran pour lequel j'ai passé au moins deux heures à arranger les css, où il apparait des alignements oranges sur blanc avec les jours où des articles ont été postés et les jours où ce blog[/jepitrase/resope/inri, je sais plus ce que j'avais inventé de stupide] a été laissé à l'abandon. Là, par exemple, jour après jour, je suis entrain de faire un genre de... L renversé. Ainsi, chaque mois, on peut s'arranger pour dessiner une espèce de pictogramme ! Ca serait magnifique, non ?! Et on peut même imaginer encore mieux : pouvoir définir, quand on poste une note, la couleur que la case du calendrier correspondante à ce jour prendra. D'un style grandiose ! De cette façon, on pourrait même venir, par exemple, à laisser des petits problèmes de Go de vie et de mort (appelés tsumego, si mes souvenirs sont bons) sur les calendrier...

Et, encore mieux, chaque oeuvre se construirait lentement, et disparaitrait presque aussitôt entièrement constituée - enfin, pour peu qu'on aille pas voir les pages des mois précédents. On y trouve presque une beauté ephémère ! Et, chaque mois, les visiteurs peuvent essayer de deviner ce qui est en train d'être dessiné par l'auteur... presque un pictionnary quoi.

Enfin, ça ne sera pas la première dénaturation des blogs... Et puis ça justifie les notes inutiles. Doublement efficace. Essayez vous aussi le dessin sur calendrier avec moi !

mercredi 20 septembre 2006

Ceci n'est pas un blog

Ah, il fallait bien refaire le classique de Magritte sur internet, non ?! Mais, au delà du clin d'oeil, l'interrogation reste véritable. Les articles sur les blogs, la blogosphère, le blogging, enfin tous ces anglicismes dérivés de web et de log florissent de partout, en mettant en avant toutes sortes de côtés du phénomène, que ce soit son développement à vitesse exponentielle, la substitution de certains blogs d'experts à des sites spécialisés pointus, l'aspect social qui se cache derrière... par exemple, un article dans un numéro du Monde du milieu de l'été qui mettait en évidence ce phénomène en France concluait par "Les blogs ont pris la place des cafés", c'est à dire de lieux où l'on peut discuter de n'importe quoi avec n'importe qui, ou presque, qui que l'on soit.

On en parle même en cours d'anglais - parce que ça intéresse les élèves, hein, comme les éternels retours sur les cell phones ou autres Fall des Mauers ou je sais plus comment ça s'écrit en allemand, etc - avec un article du journal britannique The Economist daté du 22 avril dernier, qui soulignait la nature sociale des blogs. Et d'indiquer que dorénavant, on trouve des blogs sur tout et n'importe quoi, et que la définition du terme blog en est devenue impossible. Allons, continuons un peu et n'importe quel site peut prétendre en être un ! Le blog, bientôt home page de base ?

En considération, devant l'inadéquation du terme "blog" auquel on peut prêter n'importe quelle fantaisie, je préfèrerais affirmer que ceci n'est pas un blog. C'est... un Jepitrase - JoyEux PoInT de RAssemblement pour Surfeurs dEsoeuvrés -, un Resope - REServoir d'idiOties ParticipativEs-, une Inri - Iesus Nazarenus Rex Iudeorum... euh, non, IncitatioN à la Réflexion Improductive -, enfin appelez ça comme vous voulez, tant que c'est plus précis que l'autre terme, là...

mardi 19 septembre 2006

L'anarchie et le produit scalaire

Le cours de maths sur les vecteurs et les espaces vectoriels est très intéressant. Voyez plutôt : Imaginons deux vecteurs dans un espace vectoriel, par exemple à deux dimensions. Ces deux vecteurs peuvent être colinéaires - leur déterminant vaut 0 -, orthogonaux - leur produit scalaire vaut 0 - ou même rien du tout. Attachons nous au cas de l'orthogonalité. Représentez-vous deux vecteurs orthogonaux dans votre tête (ou deux droites perpendiculaires, ça sera pareil). Représentez-les vous bien. Ils forment un angle droit, c'est ça ? Eh bien non ! Ne restez pas dans cette vieille vision capitaliste de l'orthogonalité : préférez les vecteurs de gauche ! Orthogonaux lorsqu'ils sont inclinés l'un sur l'autre, et pas bêtement droits !

Et l'orthogonalité dépendant du produit scalaire que l'on choisit, on en conclut que sans produit scalaire, c'est l'anarchie. La politique des vecteurs a encore des progrès à accomplir.

samedi 16 septembre 2006

Racontez leur des histoires, c'est tout

Ma grande découverte de la journée - à part l'impossibilité du DM de maths, mais bon ça c'est autre chose -, c'est que le blog de boulet a changé de face. Il fait un peu plus vert comme ça... mais, toutes les améliorations qui y sont portées, vous pourrez vous-même le découvrir ; j'attire votre attention sur un point précis et apparamment anodin de ce changement : l'apparition d'un lien FAQ en haut à droite parmi d'autres - un lien qui existait peut-être déjà par ailleurs dans l'ancienne version, mais que je n'avais pas encore remarqué.

Au delà de la facination que l'existence d'une FAQ peut me provoquer, c'est un extrait précis du texte qui m'a... agréablement détourné du cours de mes pensées. Je vous le cite ici, avec en gras le passage important :

Q: Mais c'est ta vraie vie que tu racontes ?
R: oui et non. C'est de l'autofiction... Je me prends comme personnage, et je raconte des histoires inspirées de la réalité. Le but est de raconter des histoires, pas de tenir un journal intime. Je ne dévoile jamais des aspects importants de ma vie privée, parceque ça ne regarde que moi.

C'est drôle, cette phrase, soudain, jetée au milieu d'un truc aussi prosaïque qu'une FAQ, m'a soudainement rappelé une nouvelle de Russell Banks, dont j'ai oublié jusqu'au titre ; mais pas son intérêt. Je vais même vous raconter ce dont je m'en souviens : elle est écrite à la première personne - si, si, c'est important, parce que ça fait histoire - et le personnage principal est un brave type, américain, probablement d'une vingtaine d'années, qui se rend compte progressivement que son père a plus que certainement passé sa vie à lui raconter des histoires sur son compte. Il commence par en être irrité, puis intrigué, et puis fini par l'accepter, pour je ne sais plus quelle raison, avec cette phrase qui m'avait marqué : "Racontez leur des histoires, c'est tout", avec en plus quelque chose comme "pour les faire rêver" ou je ne sais plus quoi. Enfin, racontez leur des histoires parce que c'est plus joli, parce que ce n'est pas un mal, parce que ça fait rêver, parce que ça stimule l'imagination, parce que c'est intriguant, bref, parce que les histoires c'est mieux qu'une réalité morne et ennuyante. Tiens, maintenant que j'y repense, c'est un peu l'objet de Big Fish, le film de Tim Burton - ce magnifique film qui m'a accompagné pendant mes révisions du bac de français et que j'aimerais beaucoup voir une seconde fois... Enfin, le côté encore plus fort de la nouvelle de Russell Banks, c'est que cette histoire, racontée par le fils, pourrait très bien être une histoire inventée par le fils, justement - et pas un récit des histoires inventées par le père. Quoi de plus beau qu'une histoire pour justifier leur emploi ?

Enfin, quoi qu'il en soit, j'avais trouvé la nouvelle magnifique. C'est d'ailleurs une des seules nouvelles de ce recueil que j'ai trouvée intéressante - avec une autre dont je ne me souviens même plus de quoi elle parle. Racontez leur des histoire, quel beau concept non ? Quelle idée grandiose. Enfin, voilà, racontons des histoires. Si, si. C'est intéressant.

samedi 9 septembre 2006

Le taupin et son destin

On raconte tellement de choses sur les taupins, sur les classes prépas, et tout. Genre que ce sont tous des autistes, tous des monstres, tous des fous, tous des idiots, tous des extra-terrestres, etc... Enfin, un taupin sait quand même que ce qui l'attend quand il entre en hypotaupe, c'est ça :

Essayons encore d'y aller dans la joie et la bonne humeur... :D

Allam, nouvel HX2 dans l'âme.
Merci Zaza pour l'image.