Anywhere, Out Of The World

Réservoir de réflexions personnelles et autres délires particuliers

jeudi 30 novembre 2006

La diabolisation chimique

L'après-midi, pas potentiellement trop trop loin de chez vous.

- C'est malin, comment on fait pour le repêcher maintenant ?

Effectivement, il était légitime de se poser la question. On arrivait devant une impasse indéniable : il n'y avait pas de moyen de le récupérer facilement. Une canne à pêche ? Oui, bien sûr, je me balade tous les jours avec ça sur moi... Et puis je suis sur qu'il rafolle d'asticots, tiens. Allons, restons un peu sérieux. Nous avons un obstacle devant nous. Deux alternatives : soit on le récupère, ce qui peut être compliqué si on veut le faire dans les formes ; soit on le laisse choir avec le reste, ce qui ne nous poserait pas plus de problèmes que ça, au demeurant. Ca se trouve il s'y dissoudrait. Ca serait pas sympa, c'est vrai, mais qu'est ce qu'on s'en fout... C'est juste cruel pour les autres. S'ils s'en rendent compte. Non, on risque quelque chose ? Tu crois pas qu'ils iraient le récupérer au fin fond du bidon, là ? Bon, d'accord, on risque peut-être quelque chose. Allez, soyons magnanimes : on le récupère. L'Autre est encore au fond, là-bas, en train de brailler ses formules incompréhensibles : aucun problème de ce côté là, mais agissons vite. Tout se jouera en quelques minutes.

On le voyait déjà presque plus, tellement c'était jaunâtre. Il allait falloir monter en expédition punitive pour châtier le coupable... À moins que ça soit moi, le principal responsable. Noon, vous croyez ? Bon, tant pis, oublions cette idée. Monter une expédition pour le récupérer, disais-je, au fond de cet endroit barbaresque, de cette jungle jaune et acide. Allez, tsoin tsoin tsoin, il faut sauver le... oui, d'accord, on reste sérieux, c'est vrai. T'es sûr que la t'intéresse pas de parler de la métaphysique du cérium ?... Bon, okay. Le récupérer. Mais, la question est encore là, toujours aussi légitime : comment ? À la main ? Ouais mais non, ça pourrait être dangereux. L'adjectif sulfurique n'est pas du tout engageant. Au vol ? Si on le rate, on aura l'air fin. Avec un stylo ? ça pourrait être un sacrifice. Hm... Tu veux pas aborder le Beau et le Vrai sulfurique ? Le caractère intrinsèquement manichéen des réactions d'oxydo-réduction ? Le cérium et l'Idéal ? Ah, il faut se dépêcher, c'est vrai... Le récupérer. Soyons, fous, avec une passoire ? Avec une pince à épiler ? Quelqu'un a une pince à épiler ? Non, bien sûr. Enfin, le contraire aurait été bizarre, d'un autre côté. Avec un aimant ? Ca serait bien ça. Quelqu'un a un aimant dans sa poche ? Non, même un bout de métal ils n'avaient pas, alors un aimant, tu parles... Enfin, au pire, ça pouvait très bien attendre. Ne jamais trop se presser, ça entraine toujours des catastrophes. Il y en a déjà une, ça suffit non ? surtout que, quand on y repense, il reste vraiment que la main, comme solution ; une raison de plus pour pas trop se presser. Ca manquerait vraiment d'ésotérisme, de classe, de formes, etc... La vieille logique de toujours remettre à demain ce qu'on peut faire faire aujourd'hui par quelqu'un d'autre. Et en plus, ça marche ! J'y crois pas, je serai amorphe plus souvent, décidément. Mais oui, tu peux y aller, ça me dérange pas du tout. Rappelle-toi, tu vas mettre la main dans une différence de potentiels de mille millivolts, hein ! Cérique, ça veut dire dangereux ? Non, sûr ? C'est toi qui y va, hein, après tout...
- Bon, si jamais ça brûle, t'arroses, ok ?
Ouais, sûr. Attend une minute, je vais chercher l'extincteur à tout hasard... Pourquoi y a pas une gachette sur cette pissette ? Ca serait tellement plus réaliste. Juste une petite répétition... Ca va, elle marche bien ; pas trop mouillé ? C'était juste pour te raffraichir avant l'effort, voyons... allez tu peux y aller, je te couvre !
[...]
- Alors, ce bain de cérium ? Elle est bonne ?

Comment rester à palabrer une demi-heure autour d'un agitateur magnétique oublié dans un bécher rempli d'une solution d'acide sulfurique et de cérium.

mercredi 22 novembre 2006

Changer le monde

Il y a des militants Lutte Ouvrière qui se baladent devant le lycée de temps en temps, et qui aiment bien "parler un peu de politique" aux taupins quand ils sortent. On peut au moins leur reconnaître d'avoir beaucoup d'espoir, parce que sortir un taupin de son autisme, c'est déjà une chose ; et en plus lui demander d'adhérer à des idées communistes qui ne le concerneront lui-même probablement jamais, ç'en est une autre, et pas forcément moindre. Enfin, toujours est-il qu'aujourd'hui, j'avais quelques minutes à perdre, et donc pour une fois, j'ai accepté de disserter sur l'avenir que l'on pourrait donner à la France, au Monde et, soyons fous, à l'Humanité toute entière si tout le monde s'aimait bien, si les oiseaux chantaient dans les arbres et si des bisounours déambulaient avec le Père Noël dans nos rues.

L'argument le plus magnifique de leur programme c'est : et si on changeait ce monde injuste ? Eh oui, changer le monde, la voilà l'idée révolutionnaire que personne n'avait eue depuis au moins 50 ans. Prenons nos bonnes intentions et changeons le monde, après tout, c'est facile. À un certain terme de ma réflexion, je me suis dit que pour changer le monde, plutôt que d'aller grapiller 3 sièges en plus à l'Assemblée Nationale, ils feraient mieux d'écrire un bouquin. Ou, mieux, de créer un blog que tout le monde ira lire parce les idées dessus sont les meilleures et tout et tout. Enfin, ça revient au même qu'avec le bouquin, c'est juste plus dans l'air du temps. Et à partir de l'assise que donne ce bouquin/ce blog, on créé un mouvement altermondialiste qui finira - peut-être - par convaincre des gens partout autour du monde qu'un changement peut être utile, nécessaire et moralement intéressant. Et donc, pas qu'en France, parce que se limiter à un pays qui n'est déjà pas bien inséré dans la mondialisation, ça me parait ridicule. C'est plus compliqué, certes, mais de l'ambition ils n'en manquent pas : Arlette fait 5% aux présidentielles depuis 40 ans et elle y croit encore. Enfin, changer le monde en se faisant élire député, moi ça me parait être un très mauvais départ dans le monde dans lequel on vit ; mieux vaut devenir journaliste, et être lu. Un peu comme l'idée de Peter Wiggin dans La Stratégie d'Ender d'O.S.Card, sauf qu'il manque un gouvernement mondial pour que ça soit réellement efficace. Et puis, journaliste, et encore : quand on lit un récent Monde 2 sur la convergence numérique et tout ce qui s'y rattache, on se voit expliqué que les formes du média traditionnel disparaissent et que le journaliste apparait de moins en moins comme un expert. Mieux vaut peut-être devenir prof à Sciences Po... et ça court-circuite pas mal la Lutte Ouvrière, mais, bon, tant pis.

Enfin, ce monde, peut-on le changer, au moins ? Parce que, tout ça m'a fait penser à une conversation que j'ai eue il y a quelques semaines avec mon père, où il m'a expliqué qu'il avait voulu au début de ses études faire de l'économie de développement : trouver comment les pays pauvres doivent gérer leur économie pour se développer. Un sujet fort intéressant au demeurant, qui, toutefois, mène finalement à une impasse : on peut très bien conseiller à ces pays de faire ceci ou cela pour qu'ils améliorent leur économie, mais sachant que ces modifications touchent à leurs traditions, à leurs coutumes, à leur modèle social et politique profond, etc. Eh oui mais ces pays, eux, n'ont pas forcément envie - et je les comprends - de changer tout leur système social, c'est normal. Ce qu'ils veulent, c'est un flux de capitaux qui viendrait les aider à se développer. Ce qui reviendrait à jetter 90% de cet argent par la fenêtre puisque ces pays ne sont déjà pas adaptés en eux-même à leur propre développement. Mais peut-on leur imposer ces valeurs sociales, par exemple ce modèle démocratique proné par l'Occident depuis deux siècles ? Non, bien sûr, c'est contraire à ces principes même que l'on veut exporter. Enfin, on a tout le problème lié à la (néo-)colonisation, ici. À ce sujet, on [mon père, en fait, je crois] m'a passé il y a longtemps un bouquin que j'ai jamais terminé, La démocratie des autres, d'Amartya Sen, qui traite à peu près de cette contradiction. Parce qu'on arrive à une contradiction : on veut aider ces pays pauvres, mais on ne peut pas le faire parce que le moyen de le faire est contraire aux principes que l'on prône. C'est sur la base de cette impasse que, finalement, mon père a abandonné l'économie de développement, d'ailleurs.

Enfin, peut-on réellement encore le changer, ce monde global composé de multiples civilisations pas toujours complémentaires ? Peut-on, par exemple, encore le changer autrement que par un bouquin - ou un 'web-bouquin', enfin, un vecteur d'idées ou de principes à large diffusion ? Et à quel point peuvent-elles encore influencer le monde, ces oeuvres ? Je sais pas, on peut se poser la question de l'impact d'Harry Potter... que je ne connais pas. Un best-seller similaire mais aux idées plus politiques aurait-il une forte influence ? L'idée d'O.S.Card déjà citée pourrait-elle encore au final réussir à changer le monde, puisqu'on a enfin un monde de réseaux - par l'Internet - tel que l'imaginait O.S.Card, si on avait quelqu'un de l'intelligence manipulatrice de Peter Wiggin ?

vendredi 10 novembre 2006

L'Art Taupin

Les taupins peuvent être parfois donner l'impression d'être sourds aux principes esthétiques. Incompréhensifs des canons artistiques, qui ne sont pas assez formels. Imperméables aux idées du Beau, qui ne se met pas en équation. Et puis, comment des binoclards boutonneux férus de théories abstraites peuvent s'intéresser à quelque chose d'aussi matériel que l'Art, hein ? L'art n'existe pas dans une équation différentielle !

Mais, gare aux idées reçues, il existe un art taupin. Spécifiquement taupin, je veux dire. Prenez une orange, assimilable à une sphère. Détachez sa peau en spirale, comme si vous vouliez projeter manuellement tout ce plan courbe sur une table pour faire une sorte de planisphère de l'orange. Mais, bon, inutile de la projeter réellement, ça abimerait la matière première et puis ça fait moche sur la table. Vous pouvez manger l'orange dont vous avez enlevé la peau, ce n'est pas incompatible avec l'expression artistique. Il vous reste normalement la peau découpée en spirale, donc si vous en tenez une extrémité, l'autre pend comme un espèce de ressort de constante de raideur voisine de zéro. Maintenant, vous accrochez comme vous pouvez cette extrémité sur la poignée de porte d'une classe d'hypokhâgne, par exemple - ou même sur le tableau de cette classe si la porte est ouverte. Accessoirement, vous prenez une photo pour garder un souvenir de l'oeuvre, et puis vous partez. L'art taupin, c'est ça ! Mais, il faut croire que les khâgneux ont un sérieux problème de tolérance vis-à-vis des principes artistiques qui ne sont pas les leurs : j'ai vu la peau d'orange choir toute écrasée deux jours plus tard dans la cour, en dessous de la porte de la classe que l'on avait si bien décorée - qui était au premier étage.

Peut-être qu'ils ne savaient pas que c'était de l'art. Peut-être qu'en fait, les taupins sont juste de grands incompris. Peut-être que dans deux siècles, notre art sera enfin reconnu comme quelque chose de grandiose. Peut-être que les gens sont juste trop aveuglés par leur obscurantisme ridicule. Peut-être qu'on est juste trop en avance sur notre temps. Enfin, j'aimerai bien qu'on soit célèbre tout de suite, quand même, dans le cercueil c'est moins drôle...

jeudi 9 novembre 2006

Aux journalistes d'Outre-Manche

"18h18, quelqu'un pense à moi. ?" [d'ailleurs, je n'ai toujours pas compris lequel entre le . et le ? était en trop dans cette phrase]
À 18h18, ce jour-là, pensais-je à elle ? Mais au fait, qu'est ce que je pouvais bien faire lundi à 18h18 ? En examinant la réponse à cette question, il m'est apparu qu'à peu près à cette date précise, je me disais que les khôlles d'anglais... c'est pas que ça sert à rien, mais... c'est particulier. D'une utilité douteuse dans mon cas. Je m'explique : ce lundi à 18h18, j'étais en khôlle d'anglais, justement, entrain de préparer un texte - 20 min de préparation pour le lire, en faire un résumer et un léger commentaire. Un article extrait d'une édition du Time datant de l'été 2005, parlant d'une nouvelle technique testée dans une université anglo-saxonne, consitant à injecter des cellules souches ("stem cells", j'espère que je ne me suis pas trompé, mais par une assez extraordinaire coïncidence, ma soeur m'avait dit quelques jours avant pour je ne sais plus quelles raisons que cellule souche se disait à peu près comme ça) à des enfants atteints de maladies graves particulières et difficilement traitables, comme par exemple the Krabbe's disease, je ne sais pas en quel est le terme français pour cette maladie. D'ailleurs, petite parenthèse, cette maladie de Krabbe cause la destruction les tissus nerveux cérébraux des enfants en bas âge, entrainant toutes sortes de dégats et notamment un certain retard mental (qu'on ne remarque en fait pas forcément, vu que la maladie est vite mortelle). J'ai assez rapidement fait le rapprochement avec le Crabbe d'Harry Potter, qui est quand même un modèle d'arriérisme mental, avec son autre compère musclé. J.K.Rowling, toujours dans l'exagération pour la création de son monde, nous en a-t-elle fait encore une preuve avec ça ?

Enfin, revenons à l'article. Il portait donc sur la manipulation biologique - et même la manipulation des cellules souches humaines, qui cette fois proviennent de cordons ombilicaux, et plus d'embryons, ce qui est certes moins sujet à controverse, mais même - et ses promesses, comme sur ses problèmes, éthiques ou non. Jusque là, rien de bien mirobolant, il est quand même assez normal de demander à des taupins de traiter d'un texte relatif à la science. Ce qui devient moins normal - n'entendez pas convenable dans ce mot, mais juste commun - c'est qu'à chacune des trois khôlles d'anglais que j'ai eues depuis le début de l'année, c'est un texte traitant de biologie et plus particulièrement de manipulation biolotico-génétique que j'ai eu à étudier. La biologie, cette science obscure dont j'avais enfin accompli l'abandon avec soulagement à la fin de la terminale, et que je ne pensais plus que retrouver dans le regard des prépas agro/véto, cette espèce de science paumée qui vaut encore moins bien que la physique (c'est dire !), faudra-t-il qu'elle me poursuive jusqu'au bout, jusque dans mes khôlles d'anglais !? Les journalistes anglais ont vraiment des sujets pourris pour leurs articles. Ils pourraient parler d'espaces vectoriels, par exemple, plutôt que de jouer à frankenstein...

Mais, en fait, il y a autre chose. Ce texte que j'ai eu lundi, il était vraiment, mais alors vraiment nul. Le type qui l'a fait n'était probablement pas un journaliste scientifique ; mais en tout cas il n'avait pas non plus le sens de l'humour, ni celui de la vulgarisation intéressante et pédagogique. Dans un des deux autres textes , le journaliste était bien meilleur : il avait fort justement - enfin, intéressamment - intitulé ses deux ses sous-titres "Playing Demigods" et "Unbiding Prometheus". Il y a au moins là matière à faire un commentaire beaucoup plus large, à ajouter toutes sortes de disgressions théologico-philosophiques, à faire des références obscures à des mythes grecs bizarres. On s'amuse beaucoup mieux, quoi ! Alors, messieurs les journalistes anglo-saxons qui me lisez - espérons qu'il y en ait, hein. L'espoir fait vivre, après tout - si vous travaillez pour le Time ou The Economist (les profs d'anglais connaissent que ça, visiblement), si vous voulez faire un article portant sur les manipulations génétiques parce que vous trouvez ça chouette, d'aller embêter les taupins français avec une matière dont ils n'ont cure, soyez quand même gentils : rendez une partie de l'article intéressant ; même rien que les titres, ça ira !

mercredi 8 novembre 2006

Dites-le avec des M&M's !

Magnifique innovation que celle que nous avons pu admirer au salon du chocolat il y a une semaine ! Le concept, lancé par M&M's, est simple : vous commandez par le web des M&M's personnalisés en choisissant notamment leur couleur, mais aussi un petit message qui sera inscrit au dos de chacun des M&M's que vous recevrez. Ainsi, vous pouvez les offrir à quelqu'un pour lui adresser un message personnel d'une façon originale - par exemple, à l'occasion d'un anniversaire, en demandant à inscrire un simple mais joyeux "Bon anniversaire !" au dos de chacune des petites boules chocolatées.

Admettons : c'est marrant. Si, si, c'est quand même assez comique comme idée, surtout quand on le voit sur leur espèce de pub. Mais, bon, quand on y réfléchit mieux, c'est carrément inefficace. Prenons deux exemples - les deux exemples qui ont été présentés justement par M&M's, tiens. En premier, nous avons un jeune homme qui offre à sa bien-aimée - enfin l'élue de son coeur, dont il espère faire sa bien-aimée, plutôt - des M&M's probablement du genre rose avec pour message : "Elsa je t'aime" ou encore "Elsa épouse-moi". Ohh, que c'est mignoooon ! Mais qu'est ce que ça manque de romantisme aussi. Enfin, certes, si on offre des fleurs ça fait trop classique (je vous aurais bien cité BashFR ici mais le site est malheureusement indisponible) ; mais des M&M's... On atteint un autre extrême non ?

Prenons le second exemple : une mère excédée qui laisse à son fils dans sa chambre un paquet de M&M's estampillés d'un "Louis, range ta chambre !". On ne peut pas dire que ce n'est pas original pour faire passer un message à ses enfants. Mais je n'ai jamais vu pire abandon de la communication classique de la part des parents : tant qu'il ne rangera pas sa chambre, le fils aura l'espoir et la possibilité de recevoir des M&M's lui demandant expressément de le faire. Pourquoi le ferait-il, alors ? Le chantage qu'il tient là ! En plus, si ses parents doivent finir par tout lui communiquer par chocolats interposés, ils risquent d'en avoir pour leur argent - c'est que c'est pas donné, quand même, de commander des M&M's personnalisés.

En fait, le seul message qui pourrait être efficace avec un tel moyen de communication, c'est quelque chose du genre "Jean-Marc, Tais-toi !". En espérant que le Jean-Marc ciblé ait la politesse d'arrêter de parler pendant qu'il mangera ses M&M's...

mardi 7 novembre 2006

Pourquoi Hegel ne sert à rien

Pourquoi un philosophe ne sert à rien, tiens, ça me fait brièvement penser au chant d'adieu de Misao Fujimura (d'accord, moi aussi je ne le connais que par GTO, et alors ?). Mais, peu importe, ce n'est pas de l'utilité de la philosophie face aux malheurs humains que je traiterai ici, mais simplement de la philosophie hégélienne, et notamment d'une citation d'Hegel qui explique par celle-ci ses pensées - enfin, peut-être, c'est ce que mon prof nous avait plus ou moins dit, mais moi j'y avais rien compris : Tout ce qui est réel est rationnel, tout ce qui est rationnel est réel.

Au delà de l'inteprétation sibylline - et hégélienne, ce qui n'est pas peu dire - que suppose cette phrase, et qui à elle seule annule à moitié sa valeur pour le commun des mortels - sachant que l'autre motié de la valeur m'a toujours parue effacée par une autre citation d'Hegel, qui est : Seuls Dieu et Hegel peuvent comprendrent Hegel. Mais pourquoi diantre l'étudier en cours de philo, dans ce cas ? - ; au delà de ces problèmes d'entendement, on peut prouver qu'Hegel a simplement faux quand il énonce cette phrase. Eh oui, il identifie le rationnel au réel. Mais, si quelque chose n'est pas rationnel, il est irrationnel - logique, n'est-ce pas ? Il peut donc tout de même appartenir, comme racine de deux, à ce magnifique ensemble qu'est l'ensemble des réels. Un nombre - euh, pardon, une chose qui n'est pas rationnelle peut donc être réelle, cqfd !

Le rationnel est donc uniquement inclus dans le réel. Et on peut même expliquer ainsi les phénomènes paranormaux : ce sont ces irrationnalités qui appartiennent aussi au réel. Un fantôme, par exemple, ce n'est jamais que quelque chose comme une racine réelle d'un nombre premier. Les maths au service de l'entendement quotidien, c'est chouette.

lundi 6 novembre 2006

Le jet-lag des vacances

Des fois, on se rend pas compte comment c'est fatiguant, les vacances. Enfin, quand on rentre en cours, je veux dire. On arrive, tout frais, tout reposé, des rêves plein la tête [enfin, des souvenirs, mais bon], et pan ! [sic mon prof de maths], faut se remettre à travailler, à bouger de partout, à s'agiter, à se mettre la pression, et tout et tout. Crevant ! Moi j'aurais tendance à aller contre certaines philosophies (Hegel et son cogito pratique, Maine de Biran ou Alain, je sais plus, et la révélation de la conscience par l'effort) et à affirmer : l'homme ne se révèle à lui-même pleinement que dans l'oisivité des vacances. Et puis, les vacances, c'est la liberté, le propre de l'homme, tout ça...

Bon, peut-être le fait que de se coucher à 2h du mat pendant toutes les vacances (y compris le dimanche) et de passer soudainement à un rythme 23h-7h en est pour quelque chose dans ce décalage horaire. Peut-être le fait de s'appitoyer malheureusement sur mon sort y est pour quelque chose aussi (qu'est ce que je fais là ? / Qu'est ce que je fais en prépa ? / Pourquoi ? et de citer A.Breton dans tout son enthousiasme optimiste plein d'entrain et d'euphorie : Allez, vivants, luttez, pauvre futurs squelettes). Bon, il est facile de se trouver des raisons, même stupides, même irrationnelles, de déprimer. Je ne crois même pas être particulièrement efficace dans cet art.

Mais, quand même : tout ça, c'est un leurre d'un grandiose magnifique. On peut trouver des gens géniaux partout. Même la prépa peut vous rendre le sourire. J'irais jusqu'à copier ma soeur dans ses délires linguistiques ridicules : Moi j'kiff grave.

La question est en fait : l'homme est-il quelqu'un de naturellement positif ?

vendredi 3 novembre 2006

Ce sont des gens géniaux

Bon, cette phrase me pose un problème puisqu'elle me fait penser à Luc Jardie dans L'armée des Ombres de Joseph Kessel, quand il estime "Ce sont des gens merveilleux". Loin de moi la vanité de me comparer à Saint-Luc... même s'il m'approuverait peut-être (ça y est, je prête des intentions au conditionnel aux personnages de romans, je crois que les vacances ont trop duré) ; mais, n'empêche, il faut bien leur rendre ça : Ces gens sont géniaux.