Au fond, les profs de philo, ce sont tous de doux allumés. Prenons un exemple : "Gigi", notre prof de français-philo (Giselle de son réel prénom). C'est vraiment un cas. Déjà, de manière générale, elle est particulière : du fond de la classe, on l'entend aussi bien qu'on entend les autres profs au premier rang - je vous dis pas l'état des oreilles de ceux qui sont devant pendant le cours de philo - et l'ensemble de ses exemples se résume à des anectodes concernant ses chevaux ou ses chiens, ou peu s'en faut. C'est qu'elle aime les chiens : elle va jusqu'à annuler notre cours pour s'occuper de sa chienne diabétique un jour où il neigait, et où elle aurait donc passé beaucoup de temps en transports - elle habite à Saint-Etienne, c'est à dire au moins 60 bornes de Lyon. Sans nous prévenir, mais en laissant toutefois une lettre fort comique expliquant les raisons de son absence le lendemain à l'intention de nos délégués. Ils ont affiché la lettre au fond de la classe pour que tout le monde puisse se bidonner en la lisant.

Mais, mieux, lors des - rares - évaluations qu'elle nous impose en classe, elle a tendance à s'absenter durant toute la durée du cours. Ce qui, bien sûr, mène à un travail de groupe, je dois dire, plutôt productif. Seulement... j'ignore si elle a pris conscience de cette possibilité, parce que cela ne se ressent absolument pas dans sa correction. On peut même ajouter : sa façon de corriger les copies est vraiment incohérente. Avant les vacances de Noël, on avait du faire le résumé d'un texte de Baudelaire en classe. Bien évidemment, nous nous sommes mis à deux, un ami et moi, et avons produit des copies, disons, présentant beaucoup de points communs. Elle nous les a rendues juste avant les vacances de février (ce qui lui a laissé un mois, dont deux semaines de vacances, pour les corriger...) ; voyez vous-même le résultat :
- la copie de mon co-auteur
- la mienne
Comparez les deux phrases à phrases et paragraphes à paragraphes, et lisez bien les commentaires de la prof...

Depuis ce jour, on a totalement arrêté de la prendre au sérieux.