L'autre jour, en rentrant assez tard du lycée, le trajet du bahut au métro m'a fait repenser à une chanson que j'écoutais vers octobre-novembre - l'atmoshpère de la portion de ville que je traversais était sensiblement la même qu'à l'automne, par ce temps pluvieux. La chanson, c'était Avenue du Prévisible de Manu Servé, un artiste autoproduit dont je ne connais pas plus que le site web et quelques chansons - c'est grâce à son oeuvre La Fiancée du Geek que je l'ai connu.
À travers cette chanson (Avenue du Prévisible, pas l'autre), que je voulais quand même vous citer parce que je l'aime bien et parce que vous devriez l'écouter, c'est en fait surtout à cette époque, octobre-novembre, que j'ai fini par penser - et essentiellement, évidemment, aux vacances au milieu. Avec une première constatation : le temps a passé super vite. Ca fait déjà presque cinq mois. La moitié de l'année scolaire. J'ai l'impression d'avoir fait presque rien depuis, quels que soient les repères que j'essaie de considérer : cours de maths (repères quotidiens), évenements (repères moins quotidiens), etc. Ce qui mène à une seconde constatation : je crois avoir fini par m'installer dans une routine assez sérieuse, notamment à partir de décembre ou janvier. Et, contrairement à ce que je pensais, non seulement c'est pas flagrant, mais en plus ça ne fait pas passer le temps plus lentement. J'ai l'impression d'avoir presque rien fait et quand je regarde ce qui nous reste, à peine dix ou onze khôlles de maths, j'ai l'impression d'être déjà presque à la fin de l'année. Peut-être, comme me l'a dit un de mes condisciples, que je m'ennuie moins en cours. Peut-être, contrairement à ce que je pensais, que je bosse vraiment plus qu'avant. Peut-être, aussi, que l'hiver trop doux m'a trompé. Enfin, bref, le temps passe plus vite que pendant les années précédentes.
Si ce n'était que ça, à la limite, tant mieux, ça ne me poserait pas vraiment de problèmes, juste un certain étonnement le temps de le constater. Mais il y a un ennui intrinsèque au fait que le temps passe vite, et, quand j'y repense, il est aussi intrinsèque à ces relations régulières mais toutefois épisodiques que seul, ou presque, le net permet : C'est que si le temps passe vite pour moi, cette impression n'est peut-être, et même sûrement pas partagée par tous les gens que je connais et que je croise régulièrement, virtuellement ou non. Et quand je peux avoir l'impression qu'il s'est écoulé à peine un jour ou une semaine depuis une dernière rencontre, alors que c'est de l'ordre du mois, je me dis qu'il y a une distortion vraiment importante. Par ailleurs, dans la mesure où l'essentiel des gens que je ne côtoie pas strictement quotidiennement, et qui sont donc potentiellement concernés, je les côtoie par le net, eh bien... je crois que j'aperçois là une autre facette des problèmes des relations par le net : Les vies de chacun sont totalement différentes. Ce n'est ni insoluble ni nuisible, il me fallait juste m'en rendre compte. Et en tenir compte, aussi, si possible.
En fait je crois que j'aperçois le problème de fond, s'il y en a vraiment un. C'est toujours le même.