Avant, je ne voyais au fait de tenir un blog qu'un passe-temps inutile. Et puis je trouvais que j'avais des stupidités à raconter, ce qui n'est pas forcément faux, mais qui finalement ne peut pas s'appliquer pour remplir ces pages, d'une part parce que je les oublie trop vite, d'autre part prace qu'en définitive, elles ne sont pas intéressantes sorties de leur contexte.
Finalement, j'ai vu un intérêt assez vite, qui est de fixer ses idées. Effectivement, une fois que vous avez écrit quelque chose - une envie, un souci, enfin, une chose qui vous concerne - , et que d'autres l'ont lu, ou au monis ont pu le/la lire, cela donne forcément une saveur particulière, une concrétisation à ce quelque chose. Si, par exemple, je trouve dans mon esprit que l'on ne peut pas tenir des relations satisfaisantes par le net (pour reprendre une vieille note), cela n'est devenu réellement vrai qu'une fois que d'autres l'ont su, ou ont pu le savoir (on n'existe que par l'autre, etc, bon, c'est connu, en définitive, Sartre ou Husserl nous le disaient je crois) - donc une fois que je l'ai écrit. Quelque part, néanmoins, c'est toujours un phénomène qui me fait peur, parce qu'il suffit alors de mal s'exprimer - et ce n'est que trop possible avec juste un clavier - pour en venir à s'autofabriquer des pensées que l'on ne désirait pas avoir forcément au départ, et en venir à se convaincre soi-même, au risque de faire un mauvais choix (s'il s'agit d'une hésitation entre deux points, par exemple). Mais, bon, c'est plus ou moins nécessaire, tout insatisfaisant que ça soit - il faut toujours faire des choix, j'ai toujours du mal à l'accepter.
Enfin, j'ai vu très récemment qu'il y avait un autre intérêt à écrire, c'est celui de faire réflechir. Parce que visiblement, je ne réfléchis jamais très loin lorsqu'une idée me vient à l'esprit ; alors qu'une fois que j'essaie de la mettre en mots, pour la redéfinir, la préciser le mieux possible, je suis obligé de mieux y penser (pour ne pas raconter n'importe quoi, . Je trouvais par exemple ce matin que je marchais trop par potentiels - pas le terme physique abscons, mais la notion de possibilité ; c'est à dire que, par exemple, des fois j'ai envie que des gens se connectent au chat, et une fois qu'ils le sont, je n'ai pas forcément grand chose à leur dire, voire ça ne m'intéresse plus du tout. Alors qu'en fait, il m'est apparu que c'est exactement la description et la caractérisation du désir, qui n'apparait que par l'abscence et disparait par la possibilité, et que c'est somme toute un phénomène bien humain.
Enfin, bon, voilà, l'intérêt du blog, c'est les autres.