Anywhere, Out Of The World

Réservoir de réflexions personnelles et autres délires particuliers

lundi 17 décembre 2007

L'exercice du pouvoir et de la responsabilité

Administrer Poudlard.org, ça a l'air tout bête, des fois, c'est même pas nécessairement prenant, mais ça mène quand même à se poser des questions sur l'exercice du pouvoir et des responsabilités que cela entraine. Du pouvoir, il y en a peu, ce n'est qu'un site web, après tout ; mais il y en a suffisament pour qu'apparaissent les interrogations intéressantes - celles qui sont vraiment dures à trancher. Voyons un exemple.

Des utilisateurs avaient rapporté un bug, il y a plusieurs mois : lorsqu'ils comptaient les points qu'ils avaient gagnés dans leur historique des QCM/devoirs, et qu'ils comparaient ce total avec leur compte réel de points, ils avaient réalisé qu'ils avaient moins de points que ce qu'ils avaient vraiment gagné. Déjà, c'est étrange. Après quelques recherches, je me suis rendu compte que cela touchait pas mal de gens (et encore, j'ai du limiter mes recherches aux première années, vous comprenez peut-être pourquoi, sinon tant pis), avec des degrés très divers (cela allait de deux ou trois points en moins à une cinquantaine), et ce visiblement sans raison aucune. Par ailleurs, je n'avais strictement aucune idée d'où ce problème pouvait provenir. En gros, j'étais devant un problème inexplicable, très difficilement résoluble (en partie parce qu'il était inexplicable, en partie pour les mêmes raisons qui font que j'ai du limiter mes recherches aux première années), mais qui néanmoins existait, faits à l'appui.

Et quand vous êtes dans cette situation, vous vous dites... bon dieu, mais qu'est ce qu'il faut faire. Ce problème, vous en êtes responsable, quelque part, puisque vous avez le pouvoir de l'arranger, mais vous ne savez pas comment le faire. Vous ne pouvez pas essayer de le masquer et de l'oublier en faisant taire les gens, d'un part parce que si certains membres s'en sont rendu compte, d'autres pourront s'en rendre compte plus tard, et d'autre part parce que le problème entraine des injustices et qu'éthiquement, ce n'est pas une situation tenable. Mais, par ailleurs, vous ne pouvez pas vraiment annoncer à tout le monde qu'il y a un problème énorme qui entraine un certain nombre d'injustices, mais que vous êtes dans l'incapacité la plus totale de le résoudre : la crédibilité du site entier en prendrait un sacré coup, et la votre aussi.

Au final, je n'ai donné suite à rien. Incapable de résoudre le problème, j'ai arrêté de m'en préoccuper. Mais cette situation bancale et *temporaire*, qui n'est que l'absence d'un choix qui devrait pourtant être fait, n'est pas plus acceptable que les autres.

Voilà le coeur des soucis que causent le pouvoir et les responsabilités. Quand tout capote, et que, bon gré, mal gré, puisque vous êtes en haut, vous êtes responsables. Dans ce genre de cas, il faut faire quoi ?

samedi 15 décembre 2007

Si Word le dit

J'ai fait une découverte assez fantastique ce matin, par hasard : même Microsoft Word est d'accord pour dire que les khâgneux sont des khrâsseux. J'en veux pour preuve son correcteur orthographique qui me propose la correction suivante :

Hé oui, on vous l'avait dit...

samedi 1 décembre 2007

L'ami des veaux

Approchez-vous d'un mot tout à fait original : désuettes. Vous ne lui trouvez pas quelque chose de très particulier, de très étrange, quelque chose qui vous chatouille l'oeil quand vous le lisez, qui attire votre attention, qui vous titille l'esprit agréablement, qui excite votre curiosité, enfin, qui vous fait un tout petit peu étinceler le cerveau et qui vous donne envie de vous y attarder un peu plus longtemps que sur un autre mot, pour découvrir qu'est ce qui dans ce mot bien particulier vous a fait frétiller les méninges ? Allez, supposons que c'est le cas, comme c'était le mien lorsque je l'ai lu la dernière fois. Vous étiez en train de finir un paragraphe quand vous êtes tombé sur ce mot qui vous a d'abord taquiné inconsciemment, vous l'avez relu une fois sans trop vous en rendre compte, une seconde fois parce que la première fois ne vous a rien révélé sur ce qu'il avait de particulier, puis enfin vous prenez réellement conscience que ce mot, là, tel qu'il est, est particulier et mérite une attention particulière.

Qu'a-t-il de suffisamment étrange pour vous avoir distrait à ce point ? Analysons. Tout d'abord, il est désuet. Oui, forcément, vous vous en êtes rendu compte avant même de l'avoir lu, un mot avec une forme pareille, vous n'en croisez pas souvent. C'est un mot peu commun, qu'on pourrait traiter de "vieux", il vous inspire l'odeur de poussière des livres qui ont deux fois votre âge, mais que vous avez ouvert avec plaisir. Avec plaisir, oui, parce tout désuet qu'il est, ce mot est plaisant. Il est précis, il a un sens bien à lui, il permet d'éviter la lourde périphrase "qui n'a plus usage", en somme, il est, ou plutôt pourrait être utile. Il a une sonorité plus originale et plus intéressante que démodé, vieux ou périmé. Disons-le tout net, c'est un beau mot, et, doublé à son caractère désuet, cela n'a que pu attirer votre attention.

Oui mais... oui mais ce n'est pas tout. La dernière fois que vous l'aviez lu, ce mot, il ne vous avait pas chatouillé autant. Certes, c'était il y a longtemps, normal, le mot est rare ; mais là, dans cette occurence, il a quand même une saveur toute particulière. Il y a quelque chose de plus qui vous chatouille dans ce mot, quelque chose que vous n'avez pas saisi. Vous le relisez, encore, encore, une autre fois. L'enchainement "u-ette" est déjà rare, avec un "s" avant, ça en devient quasiment unique. Mais ce n'est pas ça qui vous a démangé le cortex. C'est autre chose... bien décidé à le savoir, vous allez chercher sur un dictionnaire, de préférence étymologique (par exemple celui-ci). Vous entrez la forme, "désuette", lancez la recherche, et restez muet : introuvable. Etrange. Tenace, vous entrez la forme masculine, "désuet". Et là vous comprenez ce qui vous a troublé.

Au féminin, cela donnait désuète, vous indique le dictionnaire... et vous réalisez instantanément que c'est cela qui vous avait fait se trémousser vos neurones. Une bête faute d'orthographe. C'était donc ça... Et pourtant, quelque part, vous êtes encore déçu. Certes, certes, le vrai féminin, c'est désuète, mais... mais... désuette, c'était mieux. En général, les mots qui présentent une faute d'orthographe sont simplement horribles à la vue, mais là, cas très particulier, désuète c'est certes beau, mais désuette, ça l'est encore plus. Désuète, avec son accent grave, ça fait trop sévère, alors que désuette, ça fait mignon. Une pensée relativement absurde vous vient à l'esprit : ce mot, désuet, si intéressant, aurait mérité d'avoir un féminin en "-ette".

Bon, vous avez peut-être suivi vous-même tout ce raisonnement, et peut-être pas. En tout cas, ce fut le mien. Dans la même veine, il y a un autre adjectif qui m'a tellement agacé les yeux que j'ai du en vérifier l'orthographe, de son masculin cette fois : volatil. Sans e. J'ai beau être maintenant convaincu que c'est sa forme licite, je n'arrive pas à me persuader que cela devrait être sa forme naturelle. Tout ça pour dire que je pense que j'aime bien les mots. Pas dans leur harmonie, pas dans la façon dont ils s'enchainent au sein d'une phrase (enfin, si, aussi, mais c'est le cas d'au moins tout le monde), même pas nécessairement dans leur simple sonorité (mais un peu quand même). Juste dans la façon dont ils sont ecrits. Dont ils sont lus.

J'aime bien les nombres aussi, dans ce genre, c'est relativement pareil, et même pas forcément moins riche, mais c'est moins intéressant à partager.