Anywhere, Out Of The World

Réservoir de réflexions personnelles et autres délires particuliers

jeudi 31 janvier 2008

"Nous avons lu et nous nous taisons"


Que les livres puissent à ce point bouleverser notre conscience et laisser le monde aller au pire, voilà de quoi rester muet.

La citation vient de Daniel Pennac, dans Comme un roman, que j'ai relu récemment (et lisez-le, ce bouquin, il est tellement... futilement indispensable). Et la question qu'il soulève est peut-être la meilleure expression de l'incompréhension qu'on peut ressentir face au monde. Développons en citant le paragraphe précédant cette première citation :

Comment se peut-il que ce qui vient de me bouleverser n'ait en rien modifié l'ordre du monde ? Est-il possible que notre siècle ait été ce qu'il fut après que Dostoïevski eut écrit Les Possédés ? D'où viennent Pol Pot et les autres quand on a imaginé le personnage de Piotr Verkhovensky ? Et l'épouvante des camps, si Tchekhov a écrit Sakhaline ? Qui s'est éclairé à la blanche lumière de Kafka où nos pires évidences se découpaient comme plaques de zinc ? Et, alors même que se déroulait l'horreur, qui a entendu Walter Benjamin ? Et comment se fait-il, quand tout fut accompli, que la terre entière n'ait pas lu L'Espèce humaine de Robert Antelme, ne serait-ce que pour libérer le Christ de Carlo Levi, définitivement arrêté à Eboli ?

Bon, qu'il soit clair, je n'ai pas lu un seul des romans auxquels Pennac fait ici référence (ça viendra, ça viendra... peut-être). Mais je pense en avoir lu suffisamment - il en faut peu - pour que la question, elle, me reste entière et poignante : comment le monde peut-il présenter en même temps deux faces tellement opposées ? On pourrait étendre la question plus loin que juste sur les livres (ou les films...), d'ailleurs (si, si : comment se fait-il que le monde puisse encore tourner après tel ou tel évènement, etc), mais le problème est qu'on arrive à une réponse (ha, oui, tiens, voici un cas où trouver une réponse n'est pas intéressant, c'est marrant) : ce qui est particulier à quelque(s) individu(s) ne peut pas vraiment influencer l'ordre du monde entier. Même si, d'un autre côté, appliqué à tous ces bouquins qui ont tout de même un public autrement plus large que quelques individus, cette réponse ne satisfait pas vraiment.

*Et en même temps, la réponse, on peut la chercher au fond de nous : comment, à quel point ces livres bouleversants nous ont-il réellement changé, nous-mêmes ?*


La première fois que j'ai lu le livre de Daniel Pennac sus-cité, c'était une autre citation qui m'avait intéressé (normal, je suppose, j'avais pas tout à fait le même âge), une de Kafka :

On ne fera jamais comprendre à un garçon qui, le soir, est au beau milieu d'une histoire captivante, on ne lui fera jamais comprendre par une démonstration limitée à lui-même qu'il lui faut interromptre sa lecture et aller se coucher.

Effectivement, je comprenais pas.

lundi 28 janvier 2008

Manifeste de la ghlânde

Glandeuses, glandeurs, on vous exploite ! On vous force à faire deux DMs par semaine ! C'est scandaleux ! Révoltez-vous ! Le droit à la glande est un droit inaliénable de l'être humain... et du taupin.
Enfin, devrait être.

mercredi 16 janvier 2008

Let's be happy

Des fois, j'ai envie de déprimer. Je sais pas toujours pourquoi, c'est passager, c'est comme ça, pour le plaisir, c'est pour me rendre intéressant, ou c'est juste parce que j'aime me plaindre, enfin, toujours est-il qu'il m'arrive d'avoir envie de déprimer. J'essaie vraiment, même, des fois, sérieusement, avec application, presque avec le coeur. J'essaie de me dire que tout va mal, que personne ne m'aime, que le monde est noir, que je n'ai rien à attendre de l'avenir, pire, que je n'intéresse personne, que je ne sers à rien, que tout ce que je peux faire ne peut que mener au pire et que toute mon existence n'a été qu'une immense vanité. Bref, j'essaie de sombrer au dernier sous-sol possible. Des fois, vraiment, j'essaie.

Mais, enfin, c'est idiot... j'y arrive pas. Et j'ai jamais réussi.

En attendant qu'un jour, peut-être, pourquoi pas, après tout, qu'un jour j'y parvienne, si c'est possible, en attendant... je préfère venir vous chanter la ballade des gens heureux. Cela me correspond tellement mieux.

lundi 14 janvier 2008

Qui prendra ma main ?

L'année de spéciale (la 2nde année de prépa, ndlr), c'est une année avec un timing assez particulier. Les cours doivent finir au plus tard début Avril pour que les élèves aient le temps de réviser leurs concours, ce qui fait que c'est une année qui se déroule en deux trimestres (qui sont donc plus de l'ordre du quadrimestre, mais bon, passons), et non trois, même s'il faut parcourir un programme plus conséquent que celui qu'on fait en sup' (de toutes les façons, un taupin, ce n'est bon qu'à bosser). Et le premier s'est terminé cette semaine, le conseil de classe s'étant réuni ce matin.

Nous arrivons au sujet intéressant, le résultat de ce conseil, qui me laisse légèrement soufflé. Tout d'abord, il parait que je fais peur à la prof de physique - enfin, que je "l'impressionne", plus exactement, si j'ai bien compris... de mon point de vue, c'est elle qui a un côté formidable (avec la signification plus étymologique ici, "qui inspire la crainte"), enfin, bon. Je ne sais pas trop quoi en penser ; mais, le plus étonnant vient peut-être du prof de maths qui m'a décrit comme "impénétrable". Réservé. Je ne sais encore moins quoi en penser.

Mais donc, il parait que je suis réservé. Pourtant, ce n'est pas si étonnant : il y a mon prof de maths de l'an dernier, qui m'avait donné du "introverti". Il y a un grand olibrius blondinet qui me disait que j'étais encore plus moule que la moule. Il y a un ami qui m'indiquait que j'étais "patient" (ici, le patient, c'était celui qui ne se manifeste pas). Il y a une amie qui m'avait dit "timide". Et caetera... Mais quand même, à peu près chacune de ces révélations m'a surprise : moi, je pensais un peu plus l'inverse... enfin, j'ai fini par me faire une raison. D'autant plus qu'en y faisant attention, effectivement, je dois être réservé : les gens ne me connaissent pas, en définitive. Et finalement, je ne leur parle pas toujours volontier.

Mais voilà, jusqu'à peu, cet état de fait ne me gênait pas. Mais depuis peu... ben, des fois, il me pose problème. C'est énervant, hein, de se rendre compte que pour une fois qu'on a, par exemple, ne serait-ce que des compliments à exprimer, on est incapable de les dire... Enfin, j'en mourrai pas non plus. C'est juste dommage. Et puis ce commentaire au conseil, pff... "impénétrable". Franchement, qu'est ce que je dois en faire XD ?