Anywhere, Out Of The World

Réservoir de réflexions personnelles et autres délires particuliers

mercredi 24 septembre 2008

Microsoft, ou les babby-sitters du numérique

Aujourd'hui, j'ai découvert le portail officiel de la sécurité informatique, une idée après tout tout à fait intéressante, et raisonnablement bien menée ; vous gagnerez peut-être à le consulter un peu, si vous n'avez pas les idées claires sur les règles élémentaires de sécurité sur Internet. Et puis au passage, par hasard, je parcours un peu la liste des partenaires, avant de tomber avec quelque stupeur sur Microsoft, au milieu de la liste. Oui, je m'y attendais guère, puisque la grande majorité des partenaires sont des associations loi 1901, des ONG ou d'autres services publics ou gouvernementaux, bref, pas vraiment le genre de la grande société américaine aux stratégies monopolistes moralement douteuses. Enfin, passe encore, on ne peut pas non plus nier le rôle d'acteur de Microsoft dans le monde informatique, qu'il soit bon ou mauvais.

Ce qui m'a plus interpelé, en revanche, c'est la courte description faite de Microsoft : "Pour la sécurité et l’accompagnement des enfants dans l’univers numérique". Là j'avoue que je ne comprends pas (surtout avec un lien qui mène vers la page d'accueil de Microsoft France, qui parle actuellement de Microsoft Express Studio 2, je ne sais pas ce que c'est, mais ça n'a rien à voir avec les enfants ; d'ailleurs, trouver quoi que ce soit en rapport avec les enfants sur cette page relève de l'impossible). Je reste même tout à fait perplexe. Quelqu'un m'explique ?

dimanche 14 septembre 2008

Change pas

"Change pas", c'est de ces formules que j'ai déjà entendues dans la bouche des gens et que je me suis toujours promis de ne jamais utiliser, que ce soit parce qu'elles sont ridicules, fausses, honteuses, etc. En l'occurence, la première fois que je me suis subitement dit que celle-ci était particulièrement égoïste, c'était lors d'un cours de philo en terminale, alors qu'une camarade de classe, Chiraz de son prénom, avait dit je ne sais plus quoi de légèrement drôle ou malicieux au prof avec un mignon sourire, et que celui-ci avait répondu entre autres "Change pas, Chiraz, change pas".

Cela m'avait paru particulièrement déplacé. De quel droit ce prof, qui était lui déjà un homme mûr, donc qui avait eu le temps de vivre quantité et quantité de changements, enjoignait une adolescente de 17 ans à ne pas changer, id est à ne pas évoluer, donc en somme à ne pas vivre ? Okey, l'interprétation est rapide ; il voulait juste dire qu'il aimait particulièrement un trait de caractère ou un sourire, je ne sais, et qu'il eut trouvé dommageable - pour elle - qu'elle le perde. Cela n'empêche que cette formulation a un côté tout à fait égoïste. Ne change pas parce que je te préfère ainsi, parce que j'ai peur que tu ne deviennes moins bien, même si effectivement tu pourrais aussi devenir mieux, je ne veux pas prendre le risque. Ne change pas de façon à ce que chaque jour je puisse essayer de retrouver cet instant où je t'avais apprécié(e), au moins partiellement.

Non mais vous imaginez une vie sans changement, vous ? Ça serait triste. L'absence de changement, c'est la stagnation, la non-évolution. C'est la stabilité de P.K.Dick, une société où plus rien n'évolue de peur d'une innovation qui la bouleverserait trop. C'est la peur, la lâcheté, la flemme ou la facilité qui font se dire qu'il ne faut rien altérer, surtout ne pas changer ses habitudes, parce que c'est trop compliqué, parce que c'est trop différent, et que si ça pourrait peut-être être mieux, ça pourrait aussi être pire, et puis la différence, ça fait peur, et puis s'adapter, c'est fatiguant. Bref, c'est le fait de revivre toujours les mêmes choses, les mêmes situations. De façon un peu automatique, comme un robot. C'est en ça que c'est l'absence de vie - parce que la vie, elle, est une adaptation constante à un environnement qui change, lui, et c'est de là que vient l'évolution.

Je ne dis pas que l'envie de ne rien changer est complètement dénuée de bon sens. Je la trouve triste, parce qu'elle dénote une relative absence de curiosité ou d'esprit d'aventure ; mais après tout, l'on peut se persuader que la vie que l'on mène est la plus belle possible et qu'il n'y a rien à changer. Cependant, ajoutons une donnée : vous êtes jeunes. Il vous reste au moins soixante ans à vivre, vous voudriez les passer exactement de la même façon que vous le faites maintenant ? Non, sûrement pas. Vous avez toute votre vie pour découvrir plein de choses, grapiller çà et là des éléments qui feront évoluer votre personnalité. Qui vous feront changer, selon votre aspiration du moment. Vous ne demandez probablement qu'à évoluer, et tentez de vous en donner les moyens - enfin, j'en sais rien, mais idéalement, je peux difficilement concevoir la vie autrement, le contraire serait déprimant.

Résumons : "Change pas", c'est donc une formule qui vous enjoint à ne pas évoluer pour que l'autre vous retrouve toujours de la même façon. L'on vous demande en somme de ne pas vivre pour que l'autre puisse vivre plus sereinement. Certes, j'interprète assez loin - mais, enfin, je ne sais pas, il y a des formulations autrement moins égoïstes : "deviens meilleur", "ne deviens pas pire". C'est quand même mieux.

Mais dans un cadre plus large que ce simple jeu de mots, le problème du changement est relativement général. J'ai peur de dire quelque chose d'un peu abusif, mais tout, dans la vie, est une question de changement. Et notamment de l'appréhension qu'il provoque. Parce que le problème, en général, il n'est pas dans le changement ; il est dans l'inertie, ou pire, dans la réaction contraire des gens ou des structures. Avec ce point de vue, la sagesse, c'est de savoir distinguer les cas où l'on est opposé au changement parce qu'il est fondamentalement mauvais (bah, oui, je ne vais pas exclure ce cas-là non plus, tout changement n'est pas toujours bon à faire), de ceux où on l'est juste par inertie.

jeudi 4 septembre 2008

Délirium

C'est le délire le plus total actuellement ; j'ai l'envie de caser le mot "délire" ou un de ses dérivés au coin de chaque phrase, après chaque mot, dans toute circonstance. J'ai l'impression de me répéter relativement tout le temps ; enfin d'un autre côté, c'est bien, ça me donne le sentiment de mener une vie délirante.

C'est délirant.