Il y a quelques jours, je lisais sur les blogs de Pierre et de Camille qu'ils se désolaient qu'ils n'aient pas grand chose à y écrire, enfin, du moins qu'ils remarquaient, et peut-être s'excusaient de ne pas le remplir comme ils ont pu le faire à d'autres époques. Ce à quoi j'ai fini par me dire que, de toutes les façons, c'est l'été, et que l'été, il ne se passe rien, donc il n'y a rien à raconter ; ou alors il se passe des vacances, mais les vacances, c'est a priori privé, ou du moins il me parait naturel, si on a pas de tendance exhibitionniste, de ne pas vouloir les exposer en détail sur Internet. L'été, on glande, on ne fiche pas grand chose, on essaie même pas de réfléchir, donc bon, les blogs restent vides, et après tout, c'est tout à fait normal.
Mais bon, forcément, cette pensée a traversé mon esprit aussi : une petite voix qui vient reprocher "Hé, écrit donc un peu sur ton blog, bougre d'âne !". Et de là, nécessairement, on fini par se demander comment on va le remplir plus tard. Qu'est-ce qu'on va y mettre, qu'est-ce qu'on peut y mettre, qu'est-ce qu'on préfère taire... bref, en somme, comment on le considère. Tout tient dans la quesion : à quoi me sert mon blog ?
Hé bien c'est quand même une bonne question, et je vais me la poser. Au début, je pensais qu'il me servirait, non pas à raconter ma vie, parce que j'en avais pas vraiment envie, mais plutôt à y exposer ces réflexions plus ou moins intéressantes et plus ou moins fumeuses que je vous tiens de temps en temps. Mais bon, forcément, j'ai quand même finit par y raconter ma vie, parce que c'est quand même marrant, ou parce que ça permet d'introduire, ou parce que j'aime bien me la péter, enfin, bref, pour moult raisons. Mais jamais en profondeur, l'intérêt c'est plus (à quelques exceptions près) d'attirer l'attention de mes lecteurs sur quelque chose (enfin là j'la raconte ma vie, et c'est vrai que ça a un côté génial de raconter soi-même sa propre vie en y modifiant légèrement ce qu'on veut, en interprétant légèrement, afin de se faire passer pour vachement mieux que ce qu'on peut être aux yeux des autres ; et puis par ailleurs comme c'est facile à faire, les mots viennent tout seuls, j'suis sûr que j'pourrais continuer des heures comme ça - mais je m'égare) (et puis c'est aussi vrai que j'ai pas envie de vous raconter ma vie, en fait, enfin, du moins la vraie - bon, c'est marrant, je sais pas pourquoi je la désigne par le substantif "la vraie", ce n'est pas une question de vérité ou pas... c'est comme si je considérais ces réflexions que je vous tiens si volontier comme une fausse vie, c'est un peu ridicule - mais bref).
Et puis depuis quelques temps, je me suis rendu compte qu'il me servait aussi à écrire. Oui parce que, quand même, des fois j'aime bien écrire, voir des mots se changer en propositions puis en phrases construites et complexes, qui s'enchaînent avec une certaine cohérence et finissent par faire un tout - un texte. C'est entre autres ce qui justifie la longueur, voire une partie de l'existence, de quelques notes, du genre celle-ci, celle-là ou encore celle-là (mais ce qui justifie la longueur de la note actuelle, c'est que pour une fois, je raconte ma vie). D'ailleurs, je ne sais pas si vous vous rendez compte que c'est à peu près le même amour que je porte au fait d'écrire qu'à quelques aspects des mathématiques ou de l'informatique : il s'agit dans tous les cas de construire des structures complexes à partir d'éléments simples. Donc je disais que ce blog me sert aussi à écrire ; mais cette utilité est venue progressivement, elle n'était pas là au départ, à sa création.
Oui, parce que justement, je me suis rendu compte aujourd'hui qu'il y avait peut-être d'autres utilités à ce blog, au départ, enfin, au moins une, et qui est maintenant... révolue. Oui, je pourrais presque dire que ce blog n'a plus énormément de raisons d'être - si ce n'avait été, justement, son évolution, j'entends par là l'évolution de la réponse à la question "À quoi sert-il ?". Mais en quelque sorte, je crois que je peux y annoncer quelque tournant, qui ne sera sensible probablement que par moi, mais même.
Comme vous le savez peut-être, je ne sais plus si je l'ai dit clairement à quelqu'un ou pas, une des raisons qui m'avait motivé lors de la création de ce blog, c'est la lecture de celui d'Elsa, que j'avais découvert tout à fait par hasard en suivant je ne sais pas quel lien (sur le coup ça m'avait d'ailleurs presque surpris qu'elle en ait un). J'y avais trouvé un je-ne-sais-quoi de particulier, d'original, de mystérieux (oui, bon, j'étais tombé sur une série de notes incompréhensibles aussi), et puis de légèrement attirant, parce que ça aiguise la curiosité - par ailleurs, il m'avait aussi permis de la voir (Elsa) un peu autrement, puisque jusque là je ne m'étais jamais vraiment intéressé à sa vie (oui, non, il n'y avait pas que des notes incompréhensibles non plus). Et donc alors, la réflexion logique... pourquoi pas essayer de faire pareil ?
Donc j'ai fait mon blog - et en retombant sur la dernière note de celui d'Elsa aujourd'hui (je ne passe pas mon temps à la relire, non, enfin remarque, je pourrais ; mais cette fois c'était juste pour suivre un lien vers un autre blog), j'ai me suis soudain rendu compte qu'effectivement... j'avais fini par faire pareil. Et même mieux : ce blog qui m'avait inspiré parle maintenant de moi - même à moi !
Je suis d'accord, c'est con : cette réflexion ne signifie rien et n'a pas d'importance. Mais elle apporte tout de même un corrélat qui en a, lui : après tout, je pourrais très bien fermer ce blog, puisqu'il n'a plus cette utilité-là. Mais bon. J'ai encore envie d'écrire.